Jazzman review by Lionel Eskenazi


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Steve Lehman Quartet – Manifold (CF 097)
Le saxofonist Steve Lehman propose un enregistrement en concert, parallèlement à la sortie d’un noveau disque en studio avenc son quintette („On Meaning“ chroniqué dans notre numéro de janvier). Il joue cette foisci en quartette lors du Coimbra Jazz Festival (il avait enregistré au même endroit, quatre ans auparavant, le remarquable “Interface” en trio). Ce nouveau groupe est composé du fidèle trompetiste Jonathan Finalayson et d’une section rythmique de rêve (John Hebert et Nasheet Waits, qui n’avaient jamais enregistré avec lui). Une musique “brut de décoffrage “, qui étonnera les habitués dês albums studio de Lehman aux compositions léchées et rafinées. Quatre musiciens soudés qui veulent endécoudre en privilégiant l’énergie et le dépassement de soi, pratiquant un jazz organique et trauchant, où l’on sent la seur coller à la peau et l’improvisation dominer la situation. Le soin que Lehman apporte à l’écriture, à la forme et au son dans ses disques en studio, est volontairement transformé en une boule d’énergie, un magma en ébullition aux salissures sonores créatrices de beauté brute. Comparée à celle enregistrée sur l’album”Artificial Light”, la version de Cloak & Dagger est à cet égard très parlant. La reprise de Dusk d’Andrew Hill est, elle aussi, passionnante par son aspect sauvage et libré. Enfin, il reprend interface en quatre versions différents, pretexts à de foisonnantes improvisations, qui permettent à chaque musician de donner le meilleurde lui-même.

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